Journaux, Sylvia Plath


Ce mois de Juillet, je me suis plongée dans les confidences de Sylvia Plath. Une écriture intime, personnelle, au fil des pages de ses Journaux, tenus de ses 18 ans à la veille de sa mort prématurée et publiés en 1999 par Gallimard. Une poète américaine qui raconte son quotidien d'écrivain. Son passage à l'âge adulte, ses interrogations, sa passion pour Ted Hugues, sa persévérance dans l'écriture, ses dépressions. Sa vie, aussi courte fut-elle.

Dès l'Avant-propos, écrit par Ted Hugues, j'ai su que ce livre allait m'accompagner délicieusement pendant l'été. Et surtout, que Sylvia me ferait réfléchir. Subjuguée par les mots de ce couple fascinant, j'ai noté au fil de ma lecture quelques passages.

Je voulais au départ les retranscrire ici et évoquer les réflexions qu'ils ont suscité chez moi. Puis je me suis aperçue que cela ferait un article sûrement trop long et peut-être trop riche, à l'image des Journaux de Sylvia Plath ceci-dit. Certains passages feront aisément l'objet d'articles entiers.

Je me contenterai de donner un avis global sur ce livre. Il m'a transporté. Je n'ai pas forcément pris de plaisir à le lire du début à la fin. Car Sylvia Plath peut-être dure dans ses mots, dure avec elle-même. Son humeur change sans cesse. Quelques fois joyeuse et souvent triste. Ses propos sont parfois frustrants. On aimerait pouvoir l'aider à écrire, à avancer comme elle l'entend.

Son rapport à l'écriture occupe une place prépondérante, tant dans sa vie que dans ses journaux. C'est très intéressant quand on a ce goût pour l'écriture. C'est d'autant plus intéressant que Sylvia Plath raconte son quotidien d'écrivain dans les années 50.

Sylvia Plath était par ailleurs une féministe avertie. Sa crainte de la domination masculine, du manque d'indépendance et du manque de reconnaissance est exprimée à de multiples reprises.

Si je devais garder un passage dans cet article-ci, ce serait celui-ci, qui résume bien son état d'esprit admirable, et je crois qu'on peut en tirer beaucoup de leçons : 

"Attitude philosophique : vivre et boire la vie jusqu'à la lie: pourvu, pourvu que je n'arrête pas de penser, et ne me mette pas à subir, par aveuglement, par appréhension! Je veux goûter et célébrer chaque jour, et ne jamais avoir peur d'une expérience douloureuse ; ne jamais m'enfermer dans un noyau de torpeur insensible, garder une attitude critique face à la vie, me poser des questions, et ne jamais choisir la solution de facilité. Apprendre à penser, penser à vivre, vivre pour apprendre - avec une perspicacité, une compréhension et un amour toujours neufs. "


Cette soif d'indépendance, de réflexivité, d'apprentissage et de perfectionnement permanent tournent à l'obsession. Si ses écrits paraissent redondants quelques fois, c'est finalement ce qui m'a permis d'appréhender la complexité de cette femme.


Bref, j'aurai l'occasion de vous en reparler à coup sûr. Je ne peux que conseiller cette ouvrage, un témoignage si précieux. 

J'ai découvert ce matin dans Sociologie de la lecture, essai publié dans la collection Repères des éditions La découverte, la notion de "lectures ordinaires". Cette expression désigne des lectures "qui répondent à des préoccupations et intérêts des lecteurs face aux problèmes rencontrés dans les différentes périodes de leur vie, lorsque l'histoire, les expériences relatées leur permettent de comprendre leurs propres difficultés. Pouvoir lire le récit d'une expérience affective traumatisante permet au lecteur qui a eu la même expérience de l'exorciser, d'en réparer les blessures". Je crois que cette notion explique bien mon goût pour les carnets intimes.  Des mots écrits dans l'ombre, dans le quotidien d'une personne bien réelle, à une autre époque, ne peuvent qu'éveiller ma curiosité. 



4 commentaires :

  1. Je ne sais comment te remercier pour toutes ces références que tu donnes. Parce que j'ai très très envie de lire ces deux ouvrages que tu présentes. Les journaux de Silvia Plath trouve déjà un écho en moi et la citation de l'essai sociologique aussi. Merci.

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    1. Oh, un commentaire comme le tien ça me remplit déjà de joie et de satisfaction ! Merci à toi pour ce petit mot, j'espère que tu apprécieras la lecture des Journaux de Sylvia Plath. Des bisous

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  2. Je connais très mal Sylvia Plath mais l'an dernier au Festival d'Avignon j'ai vu une très belle pièce de théâtre qui imaginait sa voix croisée à celle d'Emma Goldman, c'était très chouette... !

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    1. Oh j'imagine ! Je l'ai découverte à travers cette ouvrage mais je pense lire d'autres de ses écrits (même si je n'ai pas l'habitude de lire de la poésie). Merci pour ton commentaire !

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