Écrire pour se souvenir

Il y a quelques mois, j'ai publié un article dans lequel j'évoquais vaguement mon rapport à l'écriture, tant intime que bloguesque. 

J'ai commencé à écrire très tôt. Lorsque j'étais en primaire. C'est sûrement lié au fait que j'ai débuté la lecture très tôt également et avec beaucoup de facilités.  J'ai commencé à écrire dans des carnets, communément appelés "journaux intimes" à l'âge de 11 ans, ce qui n'a rien d'extraordinaire. Puis j'ai laissé de côté l'écriture quasi-quotidienne pendant ma première relation amoureuse, qui a duré 2 ans et demi. 

C'est un regret. Si cette première relation m'a laissé des souvenirs très profondément ancrés, je suis frustrée à l'idée de n'avoir quasiment aucune trace écrite du "pendant". Je me rassure en me disant que j'étais trop occupée à vivre la relation pour prendre le temps de l'écrire. C'est une question de juste milieu. C'est un peu la même chose avec Instagram. J'aime avoir des photos liées à de chouettes expériences vécues, mais je pense qu'il est malsain de passer trop de temps à prendre des photos au lieu de profiter de l'instant. 

J'ai retrouvé ce plaisir de l'écriture intime, de ce moment solitaire presque quotidien, de cette prise de recul au fil des pages. Avoir réussi à tenir cette pratique m'épanouit. Et me rassure. Je sais que j'ai une trace de ce que je vis. Que l'instant est fixé. Certains jours, je n'écris que très peu, ou pas du tout. D'autres, je laisse le flot de pensée envahir les pages. Esther Taillifet a évoqué ce type d'écriture dans une vidéo, que je vous invite d'ailleurs à aller voir. Écriture comme thérapie. Comme une forme de méditation. Mais contrairement à elle, je continue de favoriser l'écriture à la main, plus personnelle, plutôt que celle à l'ordinateur, bien que plus rapide. C'est parfois difficile parce que les pensées vont plus vite que les caractères sur la page. 

J'écris aussi les moments importants, à l'échelle de ma vie mais aussi à une échelle plus globale. Il y a par là un désir de "témoigner". Témoignage de l'époque qui est la mienne.

Je sais maintenant que rien est acquit et que le temps passe. L'oubli est une angoisse. Laisser une trace est une fascination. Finir un carnet une satisfaction. Je dis souvent que si je devais sauver un objet en cas d'incendie, ce serait mes carnets. Sans hésitation. 

Et, j'écris ce que j'apprends. J'écris quand je lis. J'ai une certaine difficulté à retenir les histoires, tandis que je retiens sans aucun problème certaines dates et que j'ai des souvenirs très précis de mon enfance. J'ai oublié absolument tous les Disney. Les livres dont je pourrais vous raconter l'histoire se comptent sur les doigts d'une main. Alors je me suis décidée à prendre des notes sur les livres dans lesquels je me plonge. Cette peur de l'oubli motive aussi ma présence ici.

Et toi, pourquoi tu écris ? 


8 commentaires :

  1. Comme toi j'écris pour faire vivre mon imagination, pour chercher du sens, pour laisser une emprunte et mieux me comprendre et comprendre les autres. J'ai des tonnes de carnets que je n'abandonnerai pour rien au monde car ils sont une sorte de thérapie sans psy. Je me retrouve beaucoup dans tes articles.

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    1. Merci pour ton commentaire, contente de voir que ce que j'exprime ici te parle. Effectivement écrire permet de trouver du sens, de mettre les choses au clair également ! Des bisous

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  2. J'aime beaucoup écrire aussi, mais aujourd'hui, comme on écrit sur les réseaux sociaux, sur des blogs, que je lis et écris pour le boulot...C'est vrai que je prends moins de temps pour écrire des choses personnelles. J'en ressens moins le besoin aussi, mais je crois que c'est parce que j'ai moins de choses dont j'ai envie de me décharger donc ce n'est pas forcément un mauvais signe. De temps en temps, j'écris quelques pages, je fais un bilan de la façon dont je me sens, de l'avancée de ma vie, tout ça. Je sais que je serais contente de relire ça plus tard :)

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    1. Oui je vois ce que tu veux dire, moi même comme j'écris ici en ce moment je prends moins le temps de le faire dans mes carnets… Mais comme je le dis dans l'article, j'ai regretté de ne pas avoir fixé les bons moments de ma première relation, donc je pense qu'il ne faut pas forcément attendre d'avoir besoin de "se décharger" pour écrire ! Merci pour ton commentaire :)

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  3. C'est marrant, le timing de ton billet résonne étrangement avec ma propre pratique de l'écriture. Comme toi j'ai commencé à écrire très jeune, vers 9 ans, puis en ai fait une pratique quasi-quotidienne pendant plusieurs années.
    Comme a dit Irène plus haut, je crois que c'est l'overdose de mots sur les réseaux sociaux qui m'a peu à peu éloignée de l'écriture plus personnelle. Je ne prenais plus le temps de le faire, accaparée par les diverses tâches à accomplir tous les jours...
    Et puis récemment, je m'y suis remise. Par peur de l'oubli, justement. C'est en relisant mes vieux carnets que je me suis rendue compte que j'avais oublié beaucoup d'événements, et que j'étais vraiment heureuse de les avoir "fixés" à l'écrit. Sur le coup je me suis dit que je ne voulais plus que ça arrive, que ça aurait été trop triste.
    Alors oui, j'écris aussi pour me souvenir, surtout.

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    1. Je comprends complétement, je reconnais que je prends moins le temps d'écrire en période de cours/travail, ou lorsque j'écris ici sur mon blog… Je suis donc d'autant plus fière et contente d'avoir réussir à m'y tenir à peu près durant l'année qui vient de s'écouler, comme tu dis ça aurait été dommage de ne pas avoir fixé certains moments et évènements.
      Contente de voir que tu te retrouves dans cet article et merci pour ton commentaire Marine, à bientôt !

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  4. Hello,

    Je cherche depuis un moment des blog à lire, sur lesquelles je puisse passer de bon moment. Je viens à l'instant de tomber sur le tien... Et qu'est-ce que ça fait du bien ! Pour tomber sur des "pépites", des blogs avec du contenu intéressant, des articles bien écrit, il faut chercher, chercher et encore chercher. Donc lorsque sur un blog comme le tiens, je suis ravie. Bref... J’arrête mon monologue :D
    Je voulais juste prendre le temps de te notifier ma joie, car j'ai été blogueuse avant et je sais que parfois un petit commentaire, un retour sur un article peut donner de la motivation.

    Soleil ☀

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    1. Hello ! Merci vraiment pour ton commentaire, je suis ravie que tu trouves ton bonheur ici (et que tu me le dises, effectivement ça fait toujours très plaisir un commentaire). Je ressens moi aussi cette frustration d'être toujours en quête de blogs intéressants, qui correspondent à mes centres d'intérêt, alors je comprends…

      À bientôt, et si tu te remets à bloguer de ton côté n'hésite pas à me le faire savoir ! Bonne soirée à toi :)

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